« 27 septembre 1880 » [source : BnF, Mss, NAF 16401, f. 255], transcr. Emma Antraygues et Claire Josselin, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12959, page consultée le 26 janvier 2026.
Paris, 27 septembre [1880], lundi matin, 7 h. ½
Cher bien-aimé, il me semble que ta nuit a été plus complète que d’habitude : me trompai-je ? J’espère que non, cet espoir me fait trouver la matinée encore plus charmante, plus gaie et plus douce, bien qu’elle le soit à souhait. Aujourd’hui, en attendant que je sache de toi même ce que tu penses de ta nuit je t’aime à fond de cœur et d’âme. Pas d’autres lettres jusqu’à présent qu’une d’apostille pour l’exemption du service militaire d’un jeune soldat dont le père est malade. La demande est déjà revenue d’un grand nombre de signatures notables mais un compte surtout, ce n’est pas sans raison, sur la tienne pour décider le succès. Je pense que le Général Farre sera de cet avis. Je te fais souvenir que tu veux écrire à ton petit Georges, à Banville et à Saint Victor. De mon côté, je vais écrire aux Rivet1, aux comte de Lisle et aux Chazotte. Tu vois que je ne chôme pas d’épistolairerie. Je crois que le revenez-y de l’été va retenir notre cher ami à Veules plus long-temps qu’il ne le pensait. Puisse-t-il y être heureux autant qu’il le mérite avec ses douces et charmantes filles. En attendant son retour et ceux de nos chers voyageurs faisons de nécessité vertu en étant heureux nous-même de sentir que nous nous aimons comme le premier jour.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
1 Gustave Rivet et sa femme Mme Rivet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
l’amnistie des Communards est enfin votée, et la fête nationale, fixée le 14 juillet, fonde la République sur la Révolution Française
- AvrilReligion et religions.
- 24 octobreL’Âne.
